écriture7

Choisir trois noms : racine, passeur, paysage

Choisir trois qualificatifs : possible, inespéré, sauvage

Choisir trois verbes : continuer, mûrir, naître

Choisi un lieu : Résidence « Mama Minetta »

Choisir un personnage : L'homme qui a connu Gilberte

 

La première phrase est tirée au sort/ Ils se sont alors tous réunis au café de la place.

 

Ils se sont alors tous réunis au café de la Place. Pour comprendre ce qu'ils faisaient là, il faut revenir quelques semaines en arrière.

C'était un jeudi. J'en suis sûre puisque c'est le jeudi que je me rends à la « Résidence de Mama Minetta ». J'y retrouve Josette, Solange et Martine et nous passons l'après-midi à tricoter en papotant et en mangeant des biscuits.

Chacune de nous à eu la semaine pour faire provision d'histoires, pour les faire mûrir aussi afin de les rendre plus savoureuses.

Ce jeudi-là, je parlais de ma rencontre avec l'instituteur qui venait de voir Géronimo, un des sacripants du village, cracher dans la « Gaillarde ». Ma moisson était maigre et j'écoutais Josette continuer. Elle, elle venait de croiser « Musique », une chance inespérée car elle n'avait rien à dire. Nous nous sommes donc tournées vers Solange. Elle vit à l'entrée du village un endroit un peu sauvage et a pour voisine la « Mangeuse de chats » ce qui la rend toujours intéressante à nos yeux. En effet, elle guette de longues heures sa voisine et a souvent des anecdotes délectables.

Ce jeudi là, rien. A croire qu’elle avait passé la semaine à admirer le paysage.

Alors, vous pensez bien que quand Martine nous a parlé de Barbara, elle fait naître un grand sourire et un intérêt passionné. Les aiguilles à tricoter ont cessé peu à eu de bouger. C'était incroyable, fabuleux, nous en aurions pour au moins pour deux ou trois semaines avant d'épuiser le sujet.

Donc, ce jeudi-là, Martine nous raconta comment, au rayon des surgelés, la veille, elle avait discuté avec « Tête de pot ». Lui, si discret d'habitude était complètement énervé, il lui fallait transmette ce qu'il savait.

Comme d'habitude, Josette l'interrompit ne sachant pas qui était « Tête de Pot ». On lui expliqua vivement

  • tu sais bien, l'homme qui a connu Gilberte

  • ha, oui dit-elle, je vois

Donc, Martine continua en disant que « Tête de Pot » lui avait raconté que Barbara la fille de la voisine de la boulangère avait suivi le Père Ambroise le dimanche précédent.

Le récit qu'elle nous en fit nous bouleversa. Quoi ? Le Père Ambroise ? Ce n'était pas possible. Pas ce si beau curé, tellement gentil, tellement sympathique, etc, etc...

Nous avons donc convenu d’enquêter chacune de notre côté pour démêler le vrai du faux et, le cas échéant, pour savoir quoi faire et comment le faire.

J'ai promis de faire en quelque sorte le passeur et de transmettre à qui de droit les informations recueillies.

Josette nous a promis d'en parler discrètement à la boulangère alors que Solange se rapprocherait de « Musique » et de la postière..

Nous étions excitées comme des jouvencelles !! Pensez donc, le diable à Bellevue ! Mince alors, quelle aventure.

Nous avons replié nos tricots, mangé les derniers biscuits et nous avons filé à la pêche aux informations.

Les jours, les semaines ont passés et cela semblait bien se concrétiser. La rumeur a enflé, a gagné les faubourgs de Bellevue jusqu'à arriver au Château des De la Tronche en Biais. Alors, Monsieur De la Tronche en Biais lui-même s'est déplacé jusque chez Léon pour parler aux hommes du village.

C'est là que la décision a été prise de tous se réunir aujourd'hui au café de la Place pour extraire la racine du mal comme il a dit.