Petits trucs de brizou

mardi 14 novembre 2017

Un samedi au jardin...

Peignie 1  Peignie 2

Peignie 3  Peignie 4

Peignie 6  Peignie 7

Peignie 9  Peignie 10

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Peignie 13  Peignie 14

Peignie 15  Peignie 17

C'est aux Jardins de la Peignie et dans le cadre de ses portes ouvertes que nous avons passé la journée avec d'autres bénévoles et surtout Dominique. C'est elle l'âme de ce jardin conçu et en grande partie réalisée avec sa compagne partie trop tôt. Une association prend le relai de la pépinière pour faire perdurer et s'agrandir ce si beau jardin et Dominique y sera toujours et plus que jamais à la place centrale. C'est elle qui peut parler des heures de la greffe des rosiers anciens, de la construction du jardin, de ses couleurs, de ses formes... Plantées ici ou là, Yann Brard avait disposé ses sculptures, petites danseuses qui s'intègraient parfaitement dans le cadre. L'une d'entre elles est arrivée chez nous ainsi que de nouveaux arbustes. Reste à les planter. C'était une belle journée malgré les nombreuses averses et le vent, une journée d'entraide et d'amitié. Quelques rires en ponctuation et l'envie d'y retourner le WE prochain.

Haïkus inspirés par ce jardin

 Roses gonflées de pluie

Écorces mouillées et brunes

Papillon léger

Feuilles bruissantes

Feuilles craquantes sous les pas

Taxodium échevelé

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dimanche 5 novembre 2017

Juste quelques mots pour elle

 

Peignie 5

 

Je ne l'ai connue qu'assise dans son fauteuil, la maladie déjà bien plantée en elle. Je ne la voyais qu'aux réunions de famille c'est à dire très peu. Je la connaissais donc très mal, très superficiellement et c'est en écoutant ses amis, sa famille que je m'en suis rendue compte. Moi, je la voyais effacée quand elle était attentive. Je la voyais courageuse et discrète quand elle était heureuse d'être parmis nous. La cérémonie était belle, touchante, tellement touchante. Je l'ai vue jeune, si belle, si heureuse et pleine de vitalité. Jeune amoureuse, jeune femme, jeune maman. Je l'ai vue malicieuse, coquine, souriante par dessus-tout, tellement souriante, jusqu'au bout. C'était ma belle soeur, elle et son mari étaient un couple exemplaire, fusionnel. Ils ont eu trois enfants, quatre petits enfants. Elle souffrait depuis pas loin de trente ans de sclérose en plaques. Saleté de maladie qui gagne peu à peu sur la souplesse, la mobilité, la vie... Je l'ai découverte encore plus attachante ce jour là, le jour de l'incinération. Je pense à elle, à ceux qui maintenant la pleure... Au revoir Jacqueline

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mardi 31 octobre 2017

Et un peu de peinturlure...

Liquidambar

Je continue le Défi des "mots étranges" proposé par Bleu de Prusse avec beaucoup de plaisir car il me fait découvrir d'étranges mots tout en créant un Abécédaire original. Cette fois-ci et pour illustrer le L, c'était le Liquidambar, cet arbre magnifique en cette saison. Depuis que je l'ai peint, j'en voit partout! rigolo non? Je ne peux malheureusement pas en planter dans mon jardin vu l'ampleur que prend cet arbre en vieillissant. Et puis, j'essaie de rattraper mon retard. La lettre C et le chabraque m'ont un peu moins séduite mais bon, c'est le "jeu ma bonne Lucette" comme disait je ne sais plus qui. Et donc, voici mes chabraques "Mongols" et ma chabraque uinspirée par Toulouse Lautrec.

Chabraque

Du côté de chez Charlotte le Défi était lancé par mon amie Brigitte P avec comme sujet un "Totem"....???  J'étais perplexe et indécise, je ne suis toujours pas sûre d'avoir bien traité le sujet mais mes petites filles ont adoré.

Totem

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lundi 30 octobre 2017

Quand on partait de bon matin quand on partait sur les chemins...

samedi vélo

Est-il besoin d'un commentaire? C'était samedi et ce fut un moment délicieux. Il faisait beau et nous avons partagé un belle balade en famille, roulé dans la campagne aux reflets mordorés, ri en choeur et de bon coeur... à byciclette!!

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mardi 24 octobre 2017

Couleurs d'automne

La peignie

C'était il y a encore peu de temps une pépinière où l'on pouvait trouver de magnifique variétés de roses anciennes. On y était accueillis pas deux charmantes et talentueuses pépiniéristes qui ne ménageaient pas leur temps et leurs conseils. L'une nous a quittés un peu trop tôt, avant d'avoir réalisé leur rêve. Transformé la pépinière en jardin, agrandir l'existant et en faire un lieu d'accueil pour les artistes. Heureusement, des amis ont soutenu Dominique, ils ont su l'entourer et l'association "Les Jardins de La Peignie" est née. Et le jardin, comme prévu va s'aggrandir peu à peu avec l'aide des amis. Une grande sculpture en fer à béton a déjà vu le jour, plusieurs plates-bande attendent, une exposition a eu lieue au début de l'été et plein de projets sont à l'étude.

Samedi, c'est dans ce lieu aux couleurs de l'automne que Dominique nous a accueillis pour notre atelier d'écriture mensuel. Le temps était juste comme il faut malgré la crainte qu'avait fait naître une grosse averse juste après déjeuner. Il y a eu du vent, des rayons de soleil, des pas dans les feuilles, des regards émerveillés, des mots échangés, des sensations exprimés, tout ce qu'il fallait pour la création de petits textes charmants et plein de poésie. Je crois uqe chacune et chacun a puisé un peu de joie de ces instants partagé dans ce cadre privilégié. Je pense déjà à un atelier vers mai/juin au moment des roses, il y en a tant ici (près de 500 variétés) et tellement belles!!!

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vendredi 13 octobre 2017

La petite souris et autre Défi

la petite souris

Charlotte nous a mis au Défi de dessiner un personnage célèbre et j'ai choisi "La petite souris" qui est justement passé il y a peu voir Camille. Déjà, et oui, déjà. Camille a déjà l'âge de perdre ses premières dents de lait. Elle a l'âge, aussi, des réflexions pertinentes et des questionnements et c'est délicieux. Elle commence à lire cette année et son horizon va donc s'élargir et lui faire découvrir mille et une merveilles, mille et une histoires. Quel bonheur que de savoir lire, quel bonheurs que toutes ces richesses à découvrir. Allez, petite souris, reposes-toi jusqu'à ta prochaine visite. Il y a une autre petite fille dans cette maison et tu n'as pas fini d'y venir.

Et puis, je continue le Défi des mots étranges lancé, cette fois-ci par Bleu de Prusse. Un Ketch. J'aime la diversité des thèmes et le travail de recherche nécessaire à ce Défi. Une bonne occasion de créer un Abécédaire original. Pour rattraper (un peu) mon retardj'ai aussi illustré le B avec le Burgau, ce coquillage donnant de la nacre.

ketch

Burgau

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lundi 2 octobre 2017

J comme Janissaire

Défi J

Cette fois-ci, c'est au Défi des mots étranges de Bleu de Prusse que j'ai répondu. Elle nous propose en effet un abécédaire à sa façon. Cela me remet un peu à l'aquarelle et à la calligraphie et me plaît bien. Je suis comme ça, j'ai besoin qu'on me pousse un peu. Pour l'écriture, pareil. Là, j'ai un peu de retard à rattraper puisque le Défi en est déjà au J.

Alors, j'ai fait aussi le A comme aristoloche et cela m'a fait découvrir cette famille de plante tellement riche et curieuse. Une liane aux fleurs bizarres et belles. J'essairai, je crois d'en planter au printemps.

aristoloche

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vendredi 29 septembre 2017

Un jolie balade

Bréhat 1 Bréhat 3

Bréhat 5 Bréhat 9 

Bréhat 10 Bréhat 11

Ce qui est bien avec notre petit pied à mer, c'est qu'on y va quand on veux. Un rayon de soleil nous fait de l'oeil et, hop, on prend la route.

Ce qui est bien avec notre petit pied à mer, c'est qu'on a besoin d'apporter que notre brosse à dent et une culotte de rechange, ou à peu près.

Ce qui est bien avec notre petit pied à mer, c'est qu'on y découvre peu à peu, des petites merveilles.

On s'est déja baladé à Beauport en y savourant la sérénité du lieu. On a traîné nos guêtres du côté du magnifique domaine de la Roche Jagu dont on a pas fini de faire le tour des jardins. On a goûté à la beauté des falaises, au charme de Paimpol...

Et samedi dernier, on a embarqué pour Bréhat. Il faisait un vrai temps d'été indien, le trajet déjà annonçait le plaisir des yeux en longeant un côte baignée par une mer si belle, si bleue!!! Le bateau nous a fait faire le tour de l'archipel car Bréhat c'est une multitudes de cailloux  parsemé de phares et de balises. On s'en est mis plein les mirettes de bleus, de roses, de verts... Débarqués sur le ponton le plus éloigné pour cause de marée, on a pu vraiment savouré la tranquilité et la beauté de cette petite île sans voiture mais avec une végétation méditerranéenne grâce à son orientation. Pins, mimosas, lauriers roses mais aussi hortensias et des agapanthes bien bretonnes. Du bleu plein les yeux nous sommes allés jusqu'à la verrerie. Encore des merveilles... On marche en pleine sérénité sur cette île sans voitures. Pas de bruits, pas de pollution, un bonheur. Nous y retournerons, marcher un peu plus, sans doute au printemps.

Ce qui est bien avec notre petit pied à mer, c'est qu'on peut y être en un peu plus d'heure

Ce qui est bien avec notre petti pied à mer c'est qu'on peut en faire profiter ceux qu'on aime et je n'en finit pas de mesurer notre chance et de savourer tous nos petits bonheurs.

 

 

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mardi 19 septembre 2017

Fruits d'automne

Défi 161Il y avait longtemps que je n'avais plus publié de Défi de Charlotte. Il y a des périodes comme ça... déjà, il y en a eu moins durant l'été et puis, j'en ai loupé quelques uns. Par manque de temps, manque d'envie, manque d'inspiration aussi. Pour celui-là, qui n'est pas d'une originalité folle, il m'a suffit de m'assoir à ma table de salle à manger. Ils étaient devant moi et leurs couleurs me plaisaient. Je les ai dessiné avant qu'ils ne soient mangés.

L'automne n'est pourtant pas encore là selon le calendrier, mais le froid et la grisaille de ce septembre nous a glacés en nous rappelant que l'été étaient bel et bien terminé et puis... surprise! Depuis hier le soleil nous fait la gràce de nous réchauffer un peu. Le temps de faire quelques travaux au jardin. le temps de ramasser d'autres fruits d'automne car mes noisetiers ont été généreux cette année. Mon humeur n'est pas la seule à fluctuer au gré de la météo. Mes articulations en font autant. Comme le disait Létizia, la mère de Napoléon ; pourvu que ça douuuuuuuure

 

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samedi 9 septembre 2017

Petit souper entre amis

nappe-caroline-une-assiette-moyenne-1

D’un geste, elle rejette ses draps, heureuse ! La journée s’annonce belle et se finira en apothéose, elle en est sûre. D’ailleurs c’est ce qu’ils ont décidé, tous ensemble.

Hier, elle a sorti sa plus belle nappe brodée à la main, à petits points du temps où elle y voyait encore. Elle a empesé les serviettes, huit, et préparé tous les ingrédients de son gigot d’agneau de onze heures. Tous, sauf un. C’est pour cela qu’elle est tellement heureuse que la pluie se soit arrêtée. C’est un signe. Ce matin, elle a été réveillée par la douce et lumineuse chaleur de ce soleil de septembre.

Allez, il est grand temps de se remuer. Elle s’habille vite fait en chantonnant les amants de Saint Jean, sa chanson préférée, et se fait chauffer thé et tartines avant de vérifier son gigot. Elle a sorti sa grande cocotte en fonte noire, lourde comme un âne mort aurait dit sa regrettée et défunte mère. Elle l’a frotté d’huile, y a fait revenir oignons, ail, carottes puis, elle a fait dorer son gigot badigeonné de moutarde. Elle a nettoyé ses légumes : les belles courgettes à la peau vernissée d’un beau vert Émeraude, les petites pommes de terre de Noirmoutier, trois grosses aubergines au ventre bien rond, quelques tomates bien fermes qu’elle a coupé en quatre. Elle n’en épluche aucun, ils viennent tous de son petit jardin, elles les a spécialement bichonnés pour l’occasion. Elle y ajoute un beau bouquet garni et y versera un litre de vin blanc.

Elle rince sa tasse, allume son four et y glisse la cocotte. Ouf !! Elle est vraiment lourde. Maintenant, elle peut aller cueillir les fleurs pour le chemin de table et ramasser la touche finale de son plat. Il lui restera alors à dresser le couvert et à confectionner son fameux fondant au chocolat qu’elle accompagne d’une crème parfumée à l’aspérule odorante, un délice !! Elle veut que tout soit parfait, ils l’ont rêvé comme ça. Tous ensembles.

Elle ne met qu’une veste légère, il fait si beau aujourd’hui. Elle jette un dernier coup d’œil dans le four, tout va bien, son gigot va cuire, tout doucement, jusqu’à ce soir. Elle attrape ses paniers, un pour les fleurs, l’autre pour la surprise du chef (elle en sourit toute seule en hochant la tête) et s’en va gaiement au jardin après avoir enfilé ses caoutchoucs.

Les dahlias sont somptueux, certains carmins, d’autres orangés, les uns roses d’autres jaunes, elle a toujours aimé les dahlias et en replante chaque printemps, préparant les bulbes avec soin pour faire flamboyer la fin de l’été jusqu’aux gelées. Elle y ajoute quelques roses qui ont résisté aux pluies de ces derniers jours. Ce sont des « Honorine de Brabant » elles sont roses striées de rose presque mauve et embaument le petit coin du jardin où elle a mis un petit banc et où elle aime venir passer de longues heures. Il ne reste plus qu’à choisir un ou deux feuillages colorés et à déposer son panier sur le seuil de sa maison pour tout à l’heure.

A présent elle marche vers « les pas aux biches » ce petit coin de la forêt de Lanouée où elle sait trouver ce qu’il lui faut.

La voilà qui marche en scrutant la mousse au pied des chênes. Il lui faut peu de temps pour trouver les premiers cèpes de Bordeaux à la belle robe lisse. Il ne lui en faut pas beaucoup, juste de quoi décorer ses assiettes ils seront accompagnés de ceux qu’elle trouvera un peu plus loin dans le pré de Rolland, des psilocybes et à peine parsemés de la « surprise » qu’elle vient de trouver.

Elle est contente, il n’est pas tard, ses préparatifs s’annoncent bien et ses convives vont être satisfaits. Le temps de rentrer et la voilà aux fourneaux et à ses derniers préparatifs. Sa nappe est du plus bel effet et Madeleine lui a promis de venir tôt pour mettre la table. Elles sont complices depuis le préparatoire où elles ont connu aussi Renée. Louis et Marcel aussi. Son Jean, elle l’a connu plus tard comme Suzanne et Bernard. Mais n’empêche, ils forment une belle bande de joyeux drilles. Ils en ont fait des virées ensemble, ils en ont fêté des évènements tout au long de leur vie et puis, depuis le printemps, ils pensent à ce projet. Ça leur est venue à la mort de Jacques, son Jacques, suivie de l’hospitalisation de Renée et de la « longue maladie » de Madeleine. Ils ont bien senti, que peu à peu, leur corps se détraquait.

Une odeur délicieuse s’échappe de son four alors qu’elle prépare son dessert. L’aspérule odorante infuse doucement dans la crème fleurette et le chocolat fond au bain-marie. Tous les arômes s’entremêlent et elle se remet à fredonner les amants de St Jean. Tiens, voilà Madeleine, son chignon gris brinquebalant, les joues creusées et le sourire aux lèvres.

Ensemble, elles disposent la belle porcelaine, le service en cristal, les couverts en argent. Madeleine chante avec elle. Elles sont heureuses de cet instant partagé.

Ensuite Renée et Louis arrivent avec le pain, suivis de peu par Suzanne et Bernard et le fromage, Marcel est bon dernier mais il apporte le vin. Un Bourgueil pour le Gigot, du Beaujolais pour le fromage, du Pinot gris pour ceux qui préfèrent le blanc et bien sûr, du champagne pour le dessert.

Chacune et chacun a fait des frais de toilette et de coiffeur. Ils sont beaux sans être guindés, ce n’est pas leur genre. Ils se connaissent depuis tant de temps qu’ils sont comme en famille. Ils ont tous plus de quatre-vingt-dix ans et si, comme elle, ils aiment chanter et battre la mesure, ils n’ont plus les jambes pour danser.

Elle a disposé des petits bouquets avec leur nom près des assiettes et chacune, chacun s’assoit. Avant, ils ont déposé une enveloppe dans une corbeille enrubannée sur la desserte.

Elle leur a préparé un petit apéritif à la pêche qu’elle a concocté cet été avec les feuilles de ses pêchers et des petits biscuits au parmesan. Ils trinquent à leur projet sans s’appesantir, simplement pour être sûrs qu’ils sont tous bien toujours d’accord. Elle a mis un peu de musique, du Chopin. Pas trop fort, juste ce qu’il faut pour éviter les silences.

Renée et Louis, Suzanne et Bernard se serrent la main. Et le repas se poursuit, elle leur raconte sa dernière promenade, le soleil, les dernières hirondelles et la queue de l’écureuil aperçue ce matin.

Marcel l’aide à sortir la cocotte du four et tous s’exclament devant le fumet délicieux qui s’en échappe. Elle arrange chaque assiette avec le gigot fondant au point de pouvoir le servir à la cuillère, les légumes qui ont confit dans le jus et une couronne délicate de champignons. Tous les champignons sont comestibles, certains, une seule fois.

Madeleine raconte une blague mignonne, Louis une blague coquine et Marcel une blague un peu cochonne et tous rient aux unes comme aux autres. Ils se régalent du gigot fondant, boivent juste ce qu’il faut de Bourgueil pour être gais et se racontent les dernières péripéties familiales. Madeleine qui est arrière-grand-mère montre, attendrie, des photos du dernier. Chacun s’extasie et la félicite. C’est qu’elle a eu six enfants, quinze petits-enfants et déjà deux arrière-petits-enfants. Ils mangent lentement, dégustent comme il se doit ce repas préparé avec amour.

Car elle les aime ces sept-là ! Ça on peut le dire. Toutes ces années à se soutenir les uns les autres, à se réjouir pour les uns à se chagriner pour les autres. Ça fait un sacré ciment.

Elle va chercher le plateau de fromages accompagnée de Marcel qui va chercher le vin. Il la prend dans ses bras et la serre fort, sans un mot mais en essuyant une larme.

Les conversations vont bon train autour de la table et elle sourit à Marcel, émue. Ils se rassoient et rient avec les autres d’une nouvelle blague de Louis. On se sent bien autour de cette table et la tendresse y est palpable. On se régale aussi, c’est ainsi qu’ils l’ont voulu, prévu.

Le fromage terminé, ils décident de chanter avant le dessert et chacun entonne son refrain préféré que les autres reprennent. Avec la nuit qui vient le temps se rafraîchit et elle va allumer le poêle. Tout doit être parfait ce soir.

Elle débarrasse aidée de Renée, Suzanne et Madeleine. Elle met la vaisselle dans le lave-vaisselle. Elle ne veut pas que sa cuisine donne une impression de négligence. Elles apportent les petites assiettes, petites cuillères et le dessert. Son fondant embaume et sa crème n’est pas en reste. Chacun la complimente avant de savourer sa part. Ils sont tous repus et un peu mélancoliques à présent mais ils ne regrettent rien. Ils ont passé une merveilleuse soirée entre amis. La soirée qu’ils concoctaient depuis de longs mois.

Elle n’a pas le temps d’aller préparer le café, elle s’endort et chacun, chacune en fait autant atour de la table. Tant pis, elle n’aura pas eu le temps, non plus, de débarrasser les assiettes à dessert ni de mettre en marche le lave-vaisselle.

C’est le facteur qui les trouve le lendemain à 11h. Il les croit endormis tant ils ont l’air paisibles. Il se dit qu’ils ont du faire une sacré bringue pour s’endormir le nez dans leurs assiettes. Et puis, il s’approche d’elle, la secoue doucement et se rend compte de ce qui se passe.

La police scientifique découvrira que c’est son cocktail maison de champignons qui les a gentiment endormis pour toujours. Comme ils l’ont écrit dans les lettres déposées dans la panière enrubannée, c’était leur dernière volonté.

 

Nouvelle écrite dans le cadre des 24h d'écriture de Fleury les Aubray de mon amie Anne Marie auxquels j'ai participé par correspondance. Le thème était "se mettre à table" et la phrase de Michel Guérard choisie : Tous les champignons sont comestibles, certains, une seule fois.

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