cadavre exquis

Un chat noir traverse la voie de chemin de fer. M'en fiche ! Il fait nuit mais les lampadaires éclairent le poste d'aiguillage d'une lumière blafarde et plutôt glauque. Dans la gare, seule la marquise reste éclairée. On y aperçoit quelques silhouettes frileuses emmitouflées chaudement. Le train aura du retard ce soir, à cause de moi. Je marche sans espoir, juste le désir de quitter cette ville. De quitter cette vie aussi, pourquoi pas ? Je me suis débarrassé des menottes juste avant le départ et j'ai profité du signal d'alarme pour sauter du train. Je me suis laissé rouler loin du ballast et j'ai rampé dans les buissons pendant au moins un kilomètre. Je souris dans la nuit en pensant à mon gardien. Il y a bien longtemps que je n'ai pas souri de cette manière. Cette fois, j'avais même eu droit à une couchette ! Ils peuvent bien chercher les perles, ils ne les retrouveront pas là où je les ai mises, elles ne feront plus de mal à personne, à moins que...Mais tout ça m'est égal en fin de compte. En m'éloignant j'entends le sifflet du dernier train assourdi par le brouillard. Je m'en fiche à présent, je suis déjà loin, loin dans ma tête, loin de la ville, de la vie. Je me fiche de la nuit, du froid, je marche droit devant moi, je laisse les perles à ceux qui les trouveront si quelqu'un les trouve, la galère aux malchanceux, la prison derrière moi, ma vie aux chiens ! Tout m’indiffère sauf la liberté. Je la sens, elle est là, elle est à moi. Je mourrai libre, enfin!!

PS: il fallait mettre les mots suivants, noir, marquise, perle, train, sifflet, départ, signal d'alarme, menottes dans un texte de 1500 signes...