Défi 175

Il s'agissait, pour le Défi de Charlotte, d'imiter (mais peut-on l'imiter) Picasso. J'ai tenté l'expérience avec mes petites filles et mon chat et j'ai trouvé l'exercice très difficile. Et puis, pour continuer mon abécédaire des mots étranges proposé par Anne, il y a eu le Vertugadin et ses deux définitions et le Wombat, petite (???) bête que je ne connaissais pas et que je ne trouve pas très jolie. Que va nous réserver Anne pour le X??? Mystère

Avril n'en a fait qu'à sa tête comme à son habitude. Si nous avons eu très très chaud le WE dernier, la température a baissé d'une dizaine de degrés depuis à mon grand regret. Patience, la douceur reviendra bien un jour. En attendant, ma rocaille de printemps qui a été flamboyante en a perdu maints pétales.

J'ai tenté, aussi, de relever le Défi des Impromptus littéraires... je vais essayer de continuer mais ça n'est pas évident à chaque fois, alors ce sera selon l'humeur, le temps et l'envie.

vertugadin  Wombat

Un trésor dans les radis

 Ce qu'il aime, c'est sortir dans la fraîcheur du petit matin à peine naissant, les pieds dans l'herbe humide, écouter le premier chant des oiseaux en regardant naître le jour dans la lumière rosée.

Ce qu'il aime, c'est arroser ses rosiers un à un en faisant le tour du jardin pour admirer les boutons à peine éclos, les fleurs déjà bien épanouies où il plonge le nez pour en savourer tous les parfums, en profiter pour tailler celles déjà fanées.

Ce qu'il aime, c'est s'installer sur l'un ou l'autre banc du jardin, à l'ombre des noisetiers ou sous la tonnelle des actinidias, sous le grand tilleul parfumé à la fin du printemps ou l'Albisia laissant tomber doucement ses fleurs de soie. Là, épuisé d'avoir sarcler,biner, ratisser, il savoure simplement la beauté de son jardin.

C'est un jardinier heureux. Maintenant qu'il va sur ses quatre vingt printemps, il ne le soigne plus que par plaisir, il ne cultive plus que des fleurs, surtout des roses.

Un jour, bien avant la naissance de Gilles, alors qu'il faisait de la pomme de terre, de la carotte, du poireau et autres légumes et qu'il allait sur les marchés trois fois par semaines, il a retrouvé un rouge à lèvres dans ses bottes de radis. La semaine suivante, en rendant l'étui à sa propriétaire, il s'est appercu qu'elle était jolie et bien aimable. Elle a rougit de plaisir quand il lui a rendu son bien et lui a sourit. La semaine suivante il l'a attendue avec impatience. Il lui avait confectionné un bouquet avec des herbes aromatiques et les premières roses de son jardin.

La demoiselle rougissante accepta le présent avec un grand sourire. Et le suivant, et celui d'après et encore d'après jusqu'à venir partager la vie du jardinier amoureux. Ensemble dorénavant ils plantaient, semaient, binaient, sarclaient, buttaient. Ensemble ils installaient leur étal au milieu du boulevard.

Et puis, peu à peu, les roses sont apparues au jardin, d'abord en bout de rang puis en parterres, en pergolas, des parfumées, des grimpantes, des arbustives, des remontantes, des lianes... les légumes ont cédé la place. Des fleurs de toutes sortes sont venues compléter le tableau. Les bancs ont invité les promeneurs à se poser et à admirer et le linge qui séchait dehors a disparu remplacé par les noisetiers.

Gilles s'est marié et des petits enfants sont venus apprendre à cultiver les roses. Pour eux, il a gardé tout un carré de fraisiers et pour celle dont il n'a jamais cessé d'être amoureux, il a conservé des rangs de radis qu'il sème et soigne amoureusement.

Il fallait intégrer les éléments suivants à son texte:

 

un personnage : un jardinier amoureux

 

un lieu : au milieu du boulevard 

 

un objet : un rouge à lèvres

 

un moment : avant la naissance de Gilles

 

un problème ou une anomalie : le linge qui séchait dehors a disparu