Hier matin, mon départ s’est fait dans une brume épaisse seulement éclairée par la pleine lune pas encore éclipsée… ce matin de premier jour d’hiver, les routes étaient gelées, la terre était glacée, les arbres avaient peine à dresser leurs ramures dénudées dans ce paysage aux contours plus que flous. C’était froid et beau comme un début de conte (là-bas, dans un pays lointain, aux confins de la brume, vivait une Reine au regard d’acier et vêtue d’hermine qui  n’arrivait pas à se réchauffer…).

Hier au soir, sur la route de mon retour (plein ouest), une légère écharpe de mousseline restait en suspension au dessus des champs, peupliers, châtaigniers et chênes ne laissant apparaître que la dentelle de leurs branches noires finement découpées sur un ciel qui allait en s’empourprant.

J’aurait aimé alors, m’arrêter un instant et m’emplir de cette atmosphère… Ce paysage poudré m’évoquait les fées. Il aurait suffit d’un rien pour que j’en voit sortir de la brume et danser dans leurs voiles irisés… j’aime ces moments magiques, je voudrait les fixer en images… Pourtant, j’ai continué ma route vers ce flamboiement de plus en plus rose et je m’en suis emplie en roulant. 

 

Ces petits bonheurs là, je les collectionne précieusement. plus tard, j'aimerais pouvoir les égrener doucement,  les savourer à nouveau, m'en faire une vieillesse joyeuse pleine des enchantements passés.

Je regrette, parfois, de n’avoir pas un appareil photo plus performant. Je regrette, souvent, de n’avoir pas un appareil photo qui tiendrait dans ma poche et pourrait me suivre partout.